Relations

L’amour est-il vraiment un hasard ? Ce que la psychologie révèle sur nos choix amoureux

Ines Chaanbi
Ines Chaanbi
10 février 2026 11:18

L’amour est-il vraiment un hasard ?

On a presque tous vécu cette sensation : tomber amoureux comme par magie. Une rencontre, un regard, une impression immédiate. On parle alors de hasard, de destin, de coup de cœur.
Et pourtant, en psychologie, le choix du partenaire est loin d’être aléatoire. Derrière nos attirances se cachent des mécanismes complexes, souvent inconscients, façonnés par notre histoire, notre fonctionnement émotionnel et nos besoins affectifs. Comprendre ces mécanismes ne sert pas à intellectualiser l’amour, mais à mieux se comprendre soi-même.

L’attachement : notre manière d’aimer se construit très tôt

 

Nos premières expériences affectives, notamment avec nos parents ou nos figures proches, influencent profondément notre façon d’aimer à l’âge adulte. On parle de styles d’attachement : sécurisant, anxieux ou évitant.

Une personne avec un attachement sécurisant aura tendance à se sentir attirée par des partenaires fiables, disponibles émotionnellement, avec lesquels elle se sent en confiance.

À l’inverse, une personne avec un attachement anxieux peut être attirée par des partenaires distants ou imprévisibles. Même si cette dynamique est douloureuse, elle lui est familière. Ce n’est pas un choix conscient, mais un schéma relationnel appris très tôt.

(Parfois, on croit choisir quelqu’un par amour, alors qu’en réalité, notre cœur reconnaît surtout ce qu’il connaît déjà.)

La familiarité émotionnelle : l’attrait du connu

Notre cerveau aime ce qui lui est familier, même lorsque ce n’est pas idéal. Les schémas relationnels vécus dans l’enfance deviennent des repères inconscients.

Une personne qui a grandi dans un environnement très exigeant ou critique peut, sans le vouloir, être attirée par un partenaire qui lui ressemble émotionnellement. Non pas parce que cette relation est saine, mais parce qu’elle correspond à ce qu’elle a toujours connu.(On se retrouve souvent à reproduire les mêmes dynamiques, même quand on voudrait que ce soit différent.)

Les besoins affectifs : chercher chez l’autre ce qui nous manque

Chaque être humain a des besoins émotionnels fondamentaux : sécurité, reconnaissance, affection, attention. Lorsqu’ils n’ont pas été suffisamment nourris, ils peuvent orienter fortement nos choix amoureux.

Une personne qui a manqué d’attention dans l’enfance peut être attirée par un partenaire très rassurant, très présent. Cette relation peut sembler intense et sécurisante, mais elle peut aussi devenir émotionnellement épuisante.

(Parfois, on n’aime pas seulement l’autre pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il nous apporte comme sentiment.)

La chimie amoureuse : quand le cerveau crée l’illusion du hasard

Le fameux « coup de foudre » n’est pas qu’une image poétique. Lors d’une rencontre amoureuse, le cerveau libère des neurotransmetteurs comme la dopamine (plaisir, excitation) et l’ocytocine (attachement).

Ces mécanismes expliquent pourquoi certaines rencontres semblent intenses, évidentes, presque magiques. Mais cette intensité émotionnelle ne garantit pas une compatibilité à long terme.

(Le coup de foudre est réel, mais ce n’est qu’un premier signal, pas une promesse de bonheur durable.)

Nos croyances sur l’amour influencent nos choix

Nos idées sur l’amour jouent aussi un rôle important. Certaines croyances, souvent inconscientes, orientent nos attirances :
– « L’amour vrai fait souffrir »
– « Aimer, c’est se sacrifier »
– « Une relation calme est ennuyeuse »

Une personne qui associe l’amour à la souffrance peut inconsciemment choisir des relations conflictuelles, en interprétant les difficultés comme une preuve d’amour profond.

(Nos croyances sur l’amour orientent parfois nos choix plus que nos besoins réels.)

En conclusion

 

Tomber amoureux n’est jamais complètement un hasard.
Notre style d’attachement, nos schémas relationnels, nos besoins affectifs, notre cerveau et nos croyances agissent en arrière-plan, souvent sans que nous en ayons conscience.

Comprendre ces mécanismes n’a pas pour but de se juger ou de culpabiliser, mais d’apprendre à reconnaître ce qui nous fait réellement du bien.
C’est cette prise de conscience qui ouvre la voie vers des choix amoureux plus justes, plus apaisés et plus conscients.

 

 

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